Irrigation sous pression

Pompage solaire à pression constante :
asperseur, canon et pivot

Une rampe d'aspersion, un canon ou un pivot exigent un débit et une pression stables pendant toute la durée du tour d'eau. LE LAB dimensionne le point de fonctionnement, la pompe, le champ photovoltaïque et la source d'appoint nécessaire lorsque la puissance solaire devient insuffisante.

Cas d'école calculé sur seize années de données Sources : notes d'application et manuels LORENTZ
Le point de départ

Un débit, à une pression, pendant une durée

En pompage au fil du soleil, la commande porte sur une quantité : tant de mètres cubes par jour, remontés quand l'ensoleillement le permet et gardés dans un bassin. L'aspersion pose une autre équation. L'appareil possède une pression de service et un débit nominal, et il n'arrose correctement qu'à ce couple. Soixante mètres cubes à répartir sur six heures de tour d'eau se lisent donc ainsi : dix mètres cubes par heure à tenir en continu, sous trois bars au point de livraison. L'objectif du calcul n'est plus la quantité relevée le soir, mais le maintien du point de fonctionnement pendant tout le créneau.

La pression demandée par le matériel d'arrosage se convertit en hauteur d'eau et vient s'ajouter à ce que la pompe doit déjà vaincre : la profondeur de puisage, la dénivelée jusqu'à la parcelle et les pertes par frottement dans la conduite. Un bar équivaut à 10,2 mètres de colonne d'eau douce. Une consigne de 3,0 bars pèse donc 30,6 mètres, autant qu'un forage supplémentaire de trente mètres.

hauteur équivalente en mètres = pression en bars × 10,2
10,2 mla hauteur d'eau douce qui correspond à un bar, à quinze degrés
30,6 mce que pèsent 3,0 bars de consigne dans la hauteur manométrique totale
10 m³/hle débit régulé de l'exemple : 60 m³ répartis sur 6 h d'arrosage
1 à 16 hla plage de durée quotidienne acceptée dans l'application, six heures par défaut

Le débit à tenir gouverne aussi la conduite. Un diamètre choisi pour un remplissage lent de bassin devient étroit dès que le même volume passe en quelques heures : la vitesse monte, les frottements avec elle, et chaque mètre perdu se retrouve dans la hauteur que la pompe doit fournir. Le dimensionnement de la canalisation se fait donc sur le débit régulé, pas sur une moyenne journalière.

L'architecture

Une consigne maintenue par régulation et appoint

Un capteur de pression se pose en sortie de conduite, après le filtre, au plus près du point de livraison. Le régulateur lit cette mesure et adapte la vitesse de la pompe. Cette boucle limite l'effet des variations de puissance solaire sur la pression délivrée au réseau d'arrosage.

Tant que le champ photovoltaïque fournit la puissance nécessaire, le pompage fonctionne au solaire. Lorsque cette puissance baisse, le réseau ou un groupe électrogène apporte le complément par l'entrée alternative prévue sur l'architecture retenue. Le régulateur conserve alors la consigne de pression et de débit définie pour le projet.

Deux familles portent cette entrée alternative : le PSk3 l'intègre à son régulateur, tandis que le PSk2 la reçoit d'un coffret séparé, le smartPSUk2. LE LAB dimensionne la pression constante sur ces deux familles ; le détail des deux architectures figure sur la fiche LORENTZ PSk hybride.

Le démarrage du groupe peut être confié au système lui-même : le smartStart ferme un contact sec dès que l'appoint est appelé et lance la machine par sa fonction de démarrage à distance deux fils, sans manœuvre en parcelle.

Le capteuren sortie de conduite, après le filtre, au plus près du point de livraison
Le régulateuradapte la vitesse de la pompe pour maintenir la consigne
Le solairefournit la part disponible pendant le créneau d'arrosage
L'appointcomplète la puissance lorsque le champ ne suffit pas

La page solaire et groupe électrogène détaille le choix et les exigences de la source d'appoint. La fiche LORENTZ PSk hybride présente l'architecture des régulateurs, le smartPSUk2 et le smartStart.

Le cas d'école

Soixante mètres cubes par jour à Grenade, sous 3,0 bar

Une parcelle de maraîchage de 1,2 hectare en Andalousie, arrosée par aspersion. Le besoin de pointe atteint 60 m³ par jour, le créneau dure six heures et la pression demandée au point de livraison vaut 3,0 bar. L'eau vient d'un forage à 55 mètres, la tête d'arrosage se trouve 5 mètres au-dessus, et trente mètres de conduite séparent les deux. Voici l'étude telle que l'application la rend.

Donnée d'entréeValeurCe qu'elle devient dans le calcul
Besoin quotidien60 m³/javec six heures d'arrosage : 10 m³/h à tenir en continu
Pression au point de livraison3,0 bar30,6 m ajoutés à la hauteur manométrique
Profondeur de pompage55 mla part fixe de la hauteur
Hauteur d'arrivée5 mla dénivelée jusqu'au point de livraison
Conduite30 mdiamètre extérieur 63 mm en PN 16, vitesse de 1,33 m/s au débit régulé
Pertes de charge5,4 m3,4 m par frottement, 2 m aux coudes et vannes, soit 6 % du total
Hauteur manométrique totale96 mla hauteur à fournir à 10 m³/h, en continu
Six tuiles de résultat : pompe LORENTZ PSk3-15 C-SJ17-18, champ solaire de 8 755 Wc, pression tenue de 3,0 bar, débit constant de 10 m³/h pendant 6 h, groupe conseillé de 6,5 kW, part solaire de 90 %.

Les six valeurs qui résument l'étude, telles qu'elles s'affichent dans l'application.

La solution retenue est une pompe immergée LORENTZ PSk3-15 associée à une hydraulique C-SJ17-18, capable de 22 m³/h et de 180 mètres au maximum de sa plage. À 10 m³/h contre 96 mètres, elle appelle 4,3 kW au moteur. Le champ compte 17 modules de 515 Wc en une seule chaîne, soit 8 755 Wc, inclinés à 34 degrés. Le groupe conseillé pour l'appoint atteint 6,5 kW en charge continue. Il se déduit de la règle du fabricant, qui multiplie par 1,5 la puissance appelée au point de fonctionnement : les 4,26 kW appelés donnent 6,39 kW, arrondis au demi-kilowatt supérieur. Le dimensionnement est détaillé sur la page consacrée au groupe électrogène en soutien du pompage solaire.

96 mde hauteur manométrique totale, dont 30,6 m pour la seule consigne de pression
4,3 kWla puissance appelée au moteur pour tenir 10 m³/h à cette hauteur
8 755 Wc17 modules de 515 Wc en une chaîne, inclinés à 34 degrés
6,5 kWle groupe conseillé, en charge continue, pour le complément
Le partage

Répartition solaire et appoint, mois par mois

Le calcul confronte le créneau d'arrosage à seize années d'ensoleillement réel, heure par heure. La puissance demandée reste constante pendant le créneau, tandis que la production photovoltaïque varie. L'appoint fournit l'écart nécessaire pour maintenir le débit et la pression ; la répartition entre les deux sources évolue selon l'heure et la saison.

Graphe à barres empilées du volume pompé chaque mois, réparti entre la part tenue par le soleil en jaune et la part fournie par l'appoint en orange, avec la synthèse annuelle sous le graphe.

Le volume mensuel et sa répartition entre les deux sources.

MoisVolume pompéPart solairePart de l'appoint
Janvier1 860 m³83 %17 %
Février1 680 m³83 %17 %
Mars1 860 m³85 %15 %
Avril1 800 m³87 %13 %
Mai1 860 m³91 %9 %
Juin1 800 m³97 %3 %
Juillet1 860 m³99 %1 %
Août1 860 m³98 %2 %
Septembre1 800 m³94 %6 %
Octobre1 860 m³90 %10 %
Novembre1 800 m³83 %17 %
Décembre1 860 m³85 %15 %

Sur l'année, 90 % du volume pompé vient du soleil et 10 % de l'appoint, concentrés de novembre à avril. Traduit en énergie, cela représente environ 965 kWh par an à fournir par la seconde source, et près de 570 heures de marche. Le contraste entre juillet, où l'appoint pèse 1 %, et les mois d'hiver, où il monte à 17 %, tient à deux causes qui jouent dans le même sens : la journée est plus courte et l'irradiation plus faible.

La journée dimensionnante

La journée type de novembre

Le champ photovoltaïque se dimensionne sur le mois le moins ensoleillé de la saison de pompage. À Grenade, avec un arrosage toute l'année, c'est novembre. La journée type de ce mois montre où se place l'effort du complément, heure par heure sur les six heures du créneau.

Graphe de la journée type de novembre : six barres de même hauteur, une par heure de 10 h à 16 h, chacune partagée entre la part tenue par le soleil et la part complétée par l'appoint.

Toutes les barres ont la même hauteur : le débit est constant, seule la répartition change.

Le créneau court de 10 heures à 16 heures en heure solaire. Le soleil assure 79 % du débit sur la première et la dernière heure, 86 % autour du midi solaire ; l'appoint fait le reste. Ces valeurs sont des moyennes de mois : dans le détail des journées, le soleil couvre seul la totalité du créneau seize jours sur trente, et les autres jours la seconde source vient compléter.

Heure solaireDébit tenuPart solaire moyenne
10 h à 11 h10 m³/h79 %
11 h à 12 h10 m³/h84 %
12 h à 13 h10 m³/h86 %
13 h à 14 h10 m³/h86 %
14 h à 15 h10 m³/h84 %
15 h à 16 h10 m³/h79 %
Deux lectures différentes du même mois. La moyenne dessine une journée où le complément intervient à chaque heure, un peu plus aux extrémités. Le décompte quotidien montre que seize journées de novembre se passent entièrement de la seconde source, tandis que les autres la mobilisent davantage. Ces deux lectures proviennent des mêmes seize années de données horaires et figurent ensemble dans le rapport.
Points d'attention

Limites et cas hors standard

Trois constats accompagnent l'étude et méritent d'être posés avant la commande du matériel.

Les petits volumes peuvent conduire à un équipement surdimensionné

La pression constante impose une machine capable de maintenir le point de fonctionnement pendant toute la durée déclarée. Sur le même site de Grenade, à 20 m³ par jour et six heures d'arrosage, le plus petit ensemble compatible fournit 3,3 m³/h avec un champ de 5 850 Wc : un tiers du volume de l'exemple principal demande encore les deux tiers de sa puissance photovoltaïque. L'application affiche les solutions disponibles et le signale à l'écran : en dessous d'environ 40 m³ par jour, la plus petite gamme capable de pression constante dépasse largement le besoin, et son prix aussi.

Le créneau est placé autour du midi solaire

La fenêtre d'arrosage retenue par le calcul est centrée sur le midi solaire du site, c'est-à-dire au meilleur endroit de la courbe. Une plage décalée vers le matin ou le soir reste techniquement possible, avec les mêmes composants, et augmente la part de la seconde source. L'hypothèse est écrite sous le graphe et reprise dans le rapport, pour que le chiffre annoncé se rapporte à un horaire connu.

Le goutte-à-goutte suit une autre logique

Une irrigation localisée travaille à basse pression et accepte un débit variable : elle remplit un bassin ou irrigue au rythme de la ressource, et reste le mode le plus économe en énergie. Le parcours de dimensionnement lui reste identique, avec une production mensuelle et une autonomie de réserve. L'appareil d'arrosage déclaré à l'étape 3 commande donc l'ensemble du calcul en aval.

Le dimensionnement

La pression constante dans LE LAB

À l'étape 3, l'application demande le type d'appareil d'arrosage. Le choix d'un asperseur, d'un canon ou d'un pivot fait apparaître la durée quotidienne et la pression requise au point de livraison ; le débit à maintenir est alors calculé et affiché avec le besoin journalier.

Étape 3 de l'application : quatre cartes de choix entre goutte-à-goutte, asperseur, canon d'irrigation et pivot, bulle d'explication sur la pression constante, champ de durée d'arrosage à 6 heures et champ de pression à 3,0 bar.

L'étape 3 avec un asperseur retenu : la durée, la pression et le débit qui en découle.

La durée quotidienne se saisit entre une et seize heures. La pression est préremplie selon l'appareil et reste modifiable de 0,5 à 10 bar : 3,0 bar pour un asperseur, 5,5 bar pour un canon d'irrigation et 2,5 bar pour un pivot, avec la plage usuelle rappelée sous le champ. L'écran présente ensemble le volume quotidien, le débit régulé et la consigne au point de livraison.

À l'étape 6, la source d'appoint est cochée d'office et le reste tant que l'appareil sous pression est retenu, avec la raison écrite sur la carte. Les résultats remplacent alors la production mensuelle habituelle par les deux blocs vus plus haut, le partage mois par mois et la journée type du mois de conception. Le rapport professionnel ajoute une section dédiée : la consigne avec son minimum et son maximum à un demi-bar, la position du capteur, le débit à tenir avec son créneau, puis le groupe conseillé, la part solaire annuelle, l'énergie et le temps de marche demandés à la seconde source.

Étape 3l'appareil, la durée du tour d'eau et la pression demandée, en langage de parcelle
Étape 6la source d'appoint retenue automatiquement, avec la raison affichée sur la carte
Résultatsle partage mensuel, la journée type et le compte de jours tenus par le seul soleil
Rapport proconsigne, capteur, groupe conseillé, énergie et heures de marche de l'appoint
Un asperseur, un canon ou un pivot à alimenter ? L'étude se fait en ligne, gratuitement.

Les ensembles à vitesse variable alimentés en courant continu répondent à d'autres besoins, notamment les gros débits sur forage profond : la page consacrée aux ensembles SPE et RSI en détaille la logique de dimensionnement.

Sources

D'où viennent ces chiffres

  • Note d'application « Hybrid Irrigation in Spain », LORENTZ : conception d'un système à débit et à pression constants avec appoint, position du capteur de pression après le filtre, dimensionnement du groupe par la puissance moteur multipliée par 1,5.
  • Note d'application « Automatic flow control », LORENTZ : maintien d'une consigne par régulation de la vitesse, appel de la source alternative uniquement lorsqu'elle est nécessaire, temporisation de démarrage réglée à la mise en service.
  • Note d'application « PSk2, smartPSUk2 hybrid system layout and design », LORENTZ : commutation et mélange des deux sources, spécifications des groupes admis, contact sec du smartStart et fonction de démarrage à distance à deux fils.
  • Manuel du régulateur PSk3, LORENTZ : entrée en courant alternatif intégrée, combinaison des deux sources d'énergie, courant d'entrée non sinusoïdal du redresseur, installation du capteur de pression.
  • Courbes débit-hauteur et courbes de puissance des fiches produit LORENTZ pour l'hydraulique citée en exemple.
  • Données d'irradiation horaires du site, seize années d'historique pour Grenade, et fiche officielle du module photovoltaïque retenu pour ses coefficients de température.

Chiffres relevés dans la documentation officielle des fabricants, versions en vigueur à la date de publication ; la notice reste la référence. Une page éditée par SINES.